Rebecca -Daphné du Maurier


Un manoir majestueux : Manderley. Un an après sa mort, le charme noir de l’ancienne propriétaire, Rebecca de Winter, hante encore le domaine et ses habitants. La nouvelle épouse, jeune et timide, de Maxim de Winter pourra-t-elle échapper à cette ombre, à son souvenir ?

Immortalisé au cinéma par Hitchcock en 1940, le chef-d’œuvre de Daphné du Maurier a fasciné plus de trente millions de lecteurs à travers le monde. Il fait aujourd’hui l’objet d’une traduction inédite qui a su restituer toute la puissance d'évocation du texte originel et en révéler la noirceur.


J’avais vu il y a très longtemps l’adaptation d’Hitchcock qui m’avait franchement ennuyée à l’époque (je ne suis pas du tout une cinéphile et je vais surtout voir des trucs mainstream donc il ne faut pas m’en vouloir !). Je m’attendais donc à un truc barbant mais comme on a une histoire, ma mère et moi, avec ce livre, je me devais bien de le lire un jour ou l’autre.


Oui, il y a une histoire de famille derrière : ma mère le lisait juste avant qu’elle accouche de votre servante ici présente et elle a décidé de me donner le prénom de l’autrice (ce qui m’a permis d’échapper à tous les prénoms moyenâgeux qu’elle voulait au départ, ouf !). Vous comprenez donc pourquoi je me devais de le lire, histoire de savoir si j’ai le prénom d’une autrice chiante comme j’en avais peur ou d’une autrice géniale.


Eh bah je suis déçue de ne pas l’avoir lu plus tôt !

L’histoire est prenante de bout en bout et la narratrice me rappelle beaucoup moi avec sa maladresse en public et son malaise face aux mondanités. Heureusement que j’ai oublié l’adaptation ciné, j’ai pu profiter à fond des péripéties de l’histoire et détester les personnages comme j’adore le faire quand on veut qu’ils soient détestables (coucou Geoffrey, je ne t’oublie pas, ta mort sanguinolente et très douloureuse m’a fait extrêmement plaisir !). Mention spéciale au cousin horrible de Rebecca qui m’a donné envie de rentrer dans le bouquin pour le gifler une bonne fois pour toute. Mme Danvers est pas mal aussi dans le genre mais on la comprend beaucoup plus dans son comportement : elle adore Rebecca qu’elle connaît depuis l’enfance et oublie volontiers les pans les plus sombres de sa protégée comme n’importe quelle personne qui en admire une autre.

Le seul personnage qui ne m’a pas vraiment convaincue, c’est Mr de Winter en personne qui paraît extrêmement fade par rapport aux autres personnes qui gravitent autour de la nouvelle Mme de Winter. Même Frith m’a paru plus vivant que lui mais ça se comprend facilement : la narratrice est peu sûre d’elle et si elle se sait amoureuse, le fait qu’elle ne le voit plus après le voyage de noces lui fait craindre qu’il ne l’aime plus et qu’il est toujours amoureux de sa première femme.


Une chose qui m’a fait adorer l’histoire, bien plus que la trame qui fait vraiment film de Noël sur la 1 (en un peu plus développé, je vous l’accorde), c’est le fait que la narratrice est là mais on ne la connaît pas : on ne sait ni son âge, ni son nom et prénom, ni ce qu’elle aime en dehors de son cher mari. Au départ, c’est hyper frustrant et après ça fait tilt : elle n’est que madame numéro deux à ses yeux, elle n’a aucune importance par rapport à Rebecca, madame une, elle n’existe que par rapport à elle. Tout le livre se construit autour de cette rivalité entre une morte et une vivante qui se sent usurpatrice et c’est du pur génie.


Si vous voulez une histoire d’amour avec des dramas, foncez lire Rebecca. Si vous voulez un trio amoureux qui se tire dans les pattes avec une grande absente, foncez. Si vous aimez la campagne anglaise au bord de mer, vous allez aimer Manderley, c’est certain. Encore plus si vous aimez les histoires de morts qui hantent les vivants et leur pourrissent la vie.


Pour conclure :

« Je commençais à comprendre pourquoi il y a des gens qui ne peuvent supporter le bruit de la mer. Elle a parfois une note désolée et sa persistance même, ces éternels roulements, fracas et glissements, portent sur les nerfs. » (en plus, ça donne envie de faire pipi !)

« Ce que j’avais cru de l’amour pour moi, n’était pas de l’amour. Il était un homme, j’étais sa femme, et j’étais jeune, et il était seul, voilà tout. Il ne m’appartenait pas du tout, il appartenait à Rebecca. » (madame deux, il va falloir prendre un peu de confiance un jour !)


Photo : https://pxhere.com/en/photo/701097

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