Nous sommes Légion – Dennis E. Taylor

Nous sommes Bob, tome 1 – Bragelonne, traduit par Sébastien Baert


Bob Johansson vient de vendre sa start-up et va pouvoir profiter de la vie. Tant de lieux à visiter, de livres à lire et de films à voir ! Pas de bol, il se fait écraser en traversant la rue. Lorsqu’il revient à lui, un siècle plus tard, c'est pour découvrir qu'il appartient désormais au gouvernement. Téléchargé dans un ordinateur, il est pressenti pour devenir une IA capable de se répliquer à volonté, aux commandes d'une sonde interstellaire destinée à la recherche de planètes habitables. Les enjeux sont considérables. S'il refuse cette mission, on l'éteindra et un autre prendra sa place. S'il accepte, il devient une cible de choix. Au moins trois autres puissances se verraient bien envoyer leur sonde en premier, et tous les coups sont permis.


Pour Bob, l'endroit le plus sûr, c'est dans l'espace, le plus loin possible de la Terre. C'est du moins ce qu'il croit...



Niveau mec qui n’a pas de chance, notre cher Bob (Robert pour les non intimes) Johansson met la barre très haut. Non parce qu’on ne va pas se mentir, un type qui signe un papier pour être ressuscité et qui meurt renversé par une voiture dans la journée qui suit, c’est quand même cocasse !


Je ne vais pas vous cacher que j’appréhendais un peu le côté SF du roman avec les voyages spatiaux et tout ça mais Bob (et les autres Bob) ont fait passer ça tout seul avec leur humour complétement barré et leurs explications simples qui ne m’ont pas perdue sur les lois astrophysiques (je ne sais pas si ça se dit comme ça en fait, je suis absolument nulle là-dedans !).


Bon, on va pas se cacher que l’avenir de la Terre fait beaucoup moins marrer par sa tristesse et par son actualité. Même si on observe ça de loin avec un Bob vaisseau dans une autre galaxie, c’est assez perturbant de retrouver des évènements sensés se passer dans le futur dans notre présent (vous comprendrez en lisant !). Je vous rassure, les politiques restent des politiques en faisant passer leur popotin avant celui des autres dans les moments critiques. Autant dire qu’on se retrouve avec des Trump, des Poutine et autres « gouverneurs de génie » (selon leurs fans les plus ardents) et que c’est légèrement déprimant de voir que l’humanité n’apprend pas grand-chose des super films catastrophes auxquels on a souvent droit sur les chaines de la TNT.

Oui, je sais, c’est un roman de science-fiction, mais souvent, ça s’inspire de la réalité, non ? surtout quand on voit comment la lutte contre le dérèglement climatique est en train de tourner à cause de mecs aux chevilles bien trop gonflées.


Sinon la découverte de nouvelles planètes m’a franchement rappelé mon enfance devant Stargate et ses « gros yaourts », les déplacements physiques en moins, surtout pour un arc narratif en particulier.


Par contre, au bout d’un moment, trop de Bob, tue le Bob ! Ah oui, j’ai oublié de préciser que notre Bob 1° a été transféré dans le système informatique d’une sonde capable de se reproduire à l’infini si elle a à disposition les matériaux qu’il faut. Du coup on se retrouve vite avec des Bob un peu partout dans l’univers. Et avec cinquante douze mille points de vue de Bob dans le roman, ce qui est un tout petit peu compliqué de suivre quand on oublie le numéro du Bob et le nom qu’il se choisit.

De ce côté-là, je n’ai pas hâte de lire la suite si le nombre de Bob continue à augmenter même si chaque Bob a son propre parlé et caractère, mais bon, ça fait partie du jeu alors je ferai contre mauvaise fortune bon cœur !


Un bon roman de SF n’en serait pas un sans batailles spatiales, pas vrai ? vous serez donc servi ici avec un brésilien pas mal accrocheur dans le genre ! Pour une fois qu’on n’a presque pas une guerre russo-américaine, ça fait plaisir !


Si vous voulez découvrir la SF, je pense que ça va vous plaire. Si vous êtes déjà adeptes du genre, un nouveau romancier à découvrir, c’est pas mal, non ?


Pour conclure :

« -Donc… vous allez me décapiter.

Je regardai le bonimenteur en haussant un sourcil. Je le taquinais. Je le savais, il le savait, et je savais qu’il le savait. »


Photo : https://pxhere.com/fr/photo/1059420

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