Le Brasier de Justice – Andrea H. Japp

Les enquêtes de M. de Mortagne, bourreau – Tome 1 ; Flammarion



XIVe siècle. Une province de France apeurée. Des enfants assassinés sans que nul ne parvienne à déjouer les manœuvres du meurtrier. Comment arrêter ces crimes abominables ? Qui osera s’atteler à cette tâche redoutable ? Hardouin cadet-Venelle, un être différent au masque de cuir noir, dont la mort est le métier, s’y risquera-t-il ? Qu’il soit bourreau l’aidera-t-il pour mener l’enquête ? Comment concilier cette soif de vérité et le fait qu’il torture et tue au nom de la loi ? Les voix qui le hantent proviennent-elles des ténèbres où errent ses victimes ? L’une d’elles, Marie de Salvin, jeune femme éblouissante qu’il a brûlée vive, ne le quitte plus. Quant à Évangeline, exécutée pour meurtre, découvrira-t-il la preuve posthume de son innocence ? Des interrogations auxquelles il devra répondre dans un face-à-face de feu et de sang. Une quête qui le conduit à perdre son âme en tentant d’obtenir justice pour celle des autres. Le Brasier de Justice est la première aventure de cadet-Venelle, bourreau du Moyen Âge cherchant à rétablir la justice de Dieu quand celle des hommes vacille.



Pour une fois qu’on s’intéresse à la vie des bourreaux et qu’on en fait pas des monstres assoiffés de sang, je prends !


L’histoire est prenante de bout en bout quand on fait abstraction des notes de bas de page et des renvois au lexique à la fin du roman et ça m’a appris pas mal de choses sur les bourreaux et leur mode de vie. Bon, pour les tortures et les exécutions, je le savais mais il y a beaucoup de choses qui ont été plus ou moins occultées volontairement par l’histoire que j’ai découvertes.


Le vocabulaire utilisé est juste génial, il rend parfaitement l’ambiance que je m’imagine quand je pense à une ville du Moyen-Âge et reste tout à fait compréhensible même sans les explications de bas de page. C’est pour ça que j’apprécie beaucoup de genre d’auteurs qui rendent l’époque qu’ils décrivent autant dans les dialogues que dans la narration (un jour, il faudra que je vous parle de mon amour pour les enquêtes de Nicolas le Floch) avec des descriptions de plats incroyables qui te donnent envie de retourner dans le temps pour voir si c’est aussi bon que ce qu’on en pense.

Bon, quand on réfléchit deux minutes à l’intrigue purement policière, on se doute de qui est le tueur mais c’est génial de voir comment cadet-Venelle se débrouille pour démêler la pelote de crimes qu’on lui a donnée et surtout les implications entre le pouvoir central et un territoire au centre des intrigues. Ça a été fascinant de découvrir comme ça les histoires de mariages arrangés et de petits coups bas entre voisins pour récupérer le Perche et prendre le pouvoir, surtout que je connais très mal les évènements du XIV° siècle en dehors de la chute des Templiers (mon dada d’ado avec la chute des Cathares) et les rois maudits (encore marquée par la série avec Torreton qui insultait à peu près tout le monde de gueux !).


Je ne vais pas parler plus longtemps de l’intrigue pour vous laisser découvrir mais franchement, c’est un très bon livre pour aborder cette période sans tout le côté scolaire et avec des personnages super agréables et cohérents (enfin, les méchants sont toujours méchants et les gentils toujours plus ou moins gentils mais au moins ils ont une ligne de conduite qui tient la route, si vous voyez ce que je veux dire !). Petit bémol ceci dit, je trouve qu’un sous-arc narratif n’a pas été développé assez même s’il reste super bien pour comprendre les mœurs de l’époque dans la noblesse et que sa fin laisse vraiment le lecteur sur sa faim. Mais c’est vraiment le seul reproche que je peux trouver et encore, que ça soit pas totalement développé reste logique vu qu’il s’agit d’une sous-intrigue si je peux dire.


Par contre, il faut qu’on parle sérieusement : pourquoi avoir mis des notes de bas de page ET des astérisques absolument partout dans le texte pour renvoyer à un lexique ? Ça m’a gâché énormément de moments où j’étais vraiment dedans parce que je suis forcément attirée par ces signes et il faut que j’aille voir (et ça m’énerve parce que je peux vraiment pas résister à cette envie en plus !). Après, c’est sûr que c’est hyper intéressant vu qu’on en apprend plus sur les personnages historiques et la vie quotidienne (avec le nom des différentes prières de la journée, les unités de monnaie et de mesures…) mais ça reste à mon avis très perturbant et surtout inutile pour les astérisques, une simple mention du lexique en fin de roman aurait suffi et au pire, internet est notre ami pour en savoir plus sur Philippe le Bel et autres compères.


Mais à part ça, la lecture a été super agréable et je regrette absolument pas de l’avoir emprunté à la médiathèque sans être convaincue par la couverture (oui, je suis une pigeonne qui se laisse plus tenter par la couverture que par le résumé, sauf quand il s’agit d’auteurs que j’adore où là, plus rien ne compte en dehors d’acheter absolument tous leurs livres !). Vivement que je prenne le tome 2 et que je voie s’il y a d’autres romans d’elle !


Pour conclure :

« En voleur qui se respecte, je te plume et tu ne me revois plus. À toi de choisir, fais vite. Peu me chaut ce que tu dissimules avec tant d’âpreté si je ne puis le monnayer. »


« La justice des hommes était le biberon qu’on faisait miroiter aux pauvres ou aux faibles d’esprit pour leur faire accroire que l’on prenait soin d’eux. La justice des hommes ne concernait pas les vrais puissants, sauf lorsqu’ils étaient assez bêtes pour que leurs forfaits s’étalent aux yeux de tous.» (désolée pour la faute de typo mais sinon, le guillemet était tout seul en début de ligne sinon et ça me stressait trop !)


Image : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Galiga%C3%AF_1617.jpg (auteur inconnu)

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