La marque – Jacqueline Carey


Kushiel, tome 1, Bragelonne


Phèdre nó Delaunay a été vendue par sa mère alors qu’elle n’était qu’une enfant. Habitant désormais la demeure d’un noble pour le moins énigmatique, elle y apprend l’histoire, la théologie, la politique et les langues étrangères, mais surtout… les arts du plaisir. Car elle possède un don unique, cruel et magnifique, faisant d’elle une espionne précieuse et la plus convoitée des courtisanes.

Rien ne paraît lui promettre un destin héroïque. Or, lorsqu’elle découvre par hasard le complot qui pèse sur sa patrie, Terre d’Ange, elle n’a d’autre choix que de passer à l’action. Commence alors pour elle une aventure épique et déchirante, semée d’embûches, qu’il lui faudra mener jusqu’au bout pour sauver son peuple.



Victoire ! enfin une trilogie que je commence par le début !

Plus sérieusement, j’aurais plus vu une quadrilogie qu’une trilogie vu la densité de ce premier tome écrit très petit (826 pages de souffrances pour mes yeux qui fatiguaient très vite !) mais une trilogie, c’est très bien aussi, ça revient moins cher si on achète. Il faut penser vie réelle parfois quand même !


Alors que dire ? Déjà, j’ai été surprise de trouver la trilogie dans ma bibliothèque qui a l’air d’avoir un.e bibliothécaire qui prend le temps de compléter son rayon SF/Fantasy avec de plus en plus de diversité des auteurs. J’en avais déjà entendu parler en bien sans savoir dans quoi je m’embarquais alors j’ai pris le premier tome par curiosité.


Franchement, ça fait du bien d’avoir enfin une héroïne qui parle à la première personne écrite par une. Je ne critique pas les auteurs qui font parler des femmes dans leurs romans mais j’ai toujours remarqué qu’on finissait inévitablement par tomber dans les clichés de la princesse à sauver ou de la femme super badass qui défonce tout sur son chemin, surtout dans la fantasy. Alors qu’une autrice présente une héroïne telle que Phèdre, ça fait vraiment du bien.


Passé les vingt premiers chapitres qui m’ont un peu (beaucoup) perturbée avec un peu (beaucoup) trop de sexe à mes yeux, l’histoire qui se développe est absolument prenante de bout en bout. Alors oui, le résumé ne le dit pas explicitement mais Phèdre est ce qu’on appelle dans notre beau monde, une prostituée. Donc forcément, une grande partie du début de son récit raconte ce qu’elle fait avec ses clients qu’elle espionne pour son maître, Delaunay. Mais rassurez-vous, même si elle est légèrement masochiste (la raison en est au cœur du roman alors vous verrez pourquoi en lisant), l’écriture de Carey est nettement meilleure que celle de Cinquante Nuances de Grey. Non, je n’ai absolument pas lu cette trilogie par curiosité, c’est absolument faux !

Quoi qu’il en soit, les scènes de sexe mises bout à bout ne doivent pas dépasser les trente pages sur 826, alors ça se passe vite, surtout si on lit en diagonale comme j’ai fini par le faire dès que je voyais que ça dérapait un peu trop. Et puis les noms que Phèdre donne aux différentes pratiques qu’elle utilise prêtent à sourire alors ça pourrait être bien pire.


Niveau histoire ? on a de tout ! une fille sortie de la honte d’être « la fille d’une traînée » par un noble qui lui apprend à espionner les gens, ledit noble qui cache un secret bien explosif qui va se révéler essentiel (comme toujours), des amis sur qui la fille peut compter, de la traîtrise, des complots dans des complots, des guerres et bien sûr de l’amour.


Ce que j’ai adoré et détesté en même temps, c’est le teasing que Phèdre nous fait en permanence. Vous savez, les phrases horripilantes qu’on trouve toujours dans les récits à la première personne du type : « Si j’avais su alors que X était en fait… ». Insupportable à la fin et j’avais envie de sauter des pages pour aller directement à la fin pour voir de quoi elle parlait avant de me rendre compte que j’avais encore deux autres tomes à lire et que ça ne risquait pas de m’aider de passer directement à la fin parce que j’aurais zappé la moitié de l’histoire.


Côté points très positif, on a l’évolution de Phèdre elle-même qui passe de l’enfant qui est clairement en chien (ce qui m’a fait beaucoup rire quand j’ai découvert qu’une gamine de sept ans pouvait rêver de s’offrir à quelqu’un comme ça) à une femme pleine de ressources capable de survivre aux pires situations. Le début de son histoire est réellement très déroutant avec son récit de la création de son royaume et des treize Maisons qui la régissent mais plus on avance dans l’histoire, plus on comprend ce qu’elle raconte là-dessus. Mais plus on avance, plus elle grandit et plus on s’attache à cette femme qui se surprend à être plus forte que ce qu’elle pensait (la sous-estimation des gens ou de soi est le passe-temps favori des personnages de ce livre, c’est impressionnant).

On a aussi le tissage des relations qu’elle entretient avec Delaunay dont elle est très amoureuse, Alcuin, l’autre apprenti de Delaunay lui aussi très amoureux de leur maître, et Hyacinthe, son meilleur ami tsigano. L’une des relations qui m’a le moins plu est celle entre Phèdre et Joscelin, le frère Cassilin chargé de la protéger, parce qu’elle est vraiment visible comme le nez au milieu de la figure et que j’aurais aimé avoir un peu plus de complications (après, le roman est assez compliqué comme ça alors un peu de facilité narrative comme ça se pardonne facilement).

Les méchants sont juste parfaits aussi, on avance vraiment dans le noir et on a droit à des révélations qui obscurcissent encore plus les choses en nous convaincant de choses qui ne sont pas ce qu’elles semblent être pour bien nous retourner le cerveau. La finesse de leurs intrigues est du pur génie et à la fin, je n’étais plus sûre de rien, même de ce que Phèdre disait.

Si vous aimez les intrigues de pouvoirs avec plusieurs partis impliqués à la Game of Thrones, vous devriez aussi apprécier le terrain de jeu que Jacqueline Carey présente dans La Marque. J’ai fini le premier tome en me demandant ce qu’elle préparait pour les deux autres parce qu’elle a mis la barre très haute. Bon, j’ai la trame du deuxième tome avec la fin qui m’a donné envie de courir à la bibliothèque pour finir la trilogie au plus vite, histoire d’avoir le fin mot de l’histoire.


Par contre, point négatif, si vous prenez l’édition spéciale à 10 €, l’écriture est assez petite pour un livre aussi gros et elle n’est pas du tout pratique pour lire allongé (oui, j’ai pris cette habitude depuis que j’ai une liseuse et je suis perturbée quand je ne peux pas le faire maintenant). Du coup, si vous avez du mal à lire les petites écritures, tentez plus le coup avec l’édition classique.

Oui, c’est vraiment le seul point négatif que j’ai trouvé en dehors des phrases prophétiques de Phèdre.

Autant vous dire que je vais m’empresser d’aller lire la fin de Kushiel et de me mettre à sa seconde trilogie, Imriel !


Pour conclure :

« Toujours est-il que Pierre Cantrel avait l’esprit évaporé mais d’impétueuses ardeurs, si bien que lorsque la bourse à sa ceinture était aussi tendue que celles entre ses jambes, c’est vers la maison du Jasmin, indolente et sensuelle, qu’il se hâtait. »

« Qui se soumet n'est pas toujours faible. Choisis tes victoires avec sagesse. »


2 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout