• Elinwë

Calendrier de l'Avent 2020 jour 9

Alors je voulais vous parler d’une nouvelle saga mais je me suis aperçue que ça allait être encore de la fantasy donc on va changer de plan et voir du côté de la poésie pour une fois.


Oui, oui, de la poésie. Une grande première ici. Mais je pense que si je vous dis spleen, vous allez tout de suite comprendre de qui je vais parler.


Charles Baudelaire


Je pense que j’ai fait comme tout le monde en découvrant Baudelaire au lycée avec l’étude forcée des Fleurs du mal. Étrangement, c’est l’un des rares livres de cours auquel j’ai accroché immédiatement malgré une prof horrible qui ne notait jamais au-dessus de 12 (pourquoi, aucune idée mais elle nous a bien pourri nos moyennes en première) et qui m’a presque détruit mon amour pour Montesquieu à l’époque.


Que vous dire sur Les Fleurs du mal ? C’est le seul recueil de poèmes d’un même auteur que j’ai lu et relu adolescente et pas uniquement pour les cours (pas comme Une Vie de Maupassant que j’ai lu une dizaine de fois juste parce que j’avais uniquement ce livre pour m’occuper en perm). J’ai aussi lu beaucoup d’autres poèmes de Baudelaire et ses traductions d’Edgar Allan Poe qui sont de véritables merveilles mais ça n’a jamais égalé le ressenti que j’ai eu en lisant pour la première fois les Fleurs.

Pour la première fois, j’avais l’impression qu’un auteur parlait de ce que je ressentais : le spleen, les messages codés du symbolisme et autres bouillonnements de sentiments trouvaient un écho en moi et c’était génial de voir quelqu’un qui comprenait bien ce qu’on traverse tous à l’adolescence (bon, l’alcool et la drogue en moins pour moi, je vous rassure !).


C’est sûr que les cours sur le symbolisme aident beaucoup à comprendre les intentions derrière les mots mais profiter simplement de la mélodie des poèmes est aussi une expérience qui détend après une longue journée de cours ou de boulot. On ne dirait pas que tout a été travaillé pour que les rimes, les enchaînements et le respect du nombre de syllabes soient parfaits tellement c'est fluide. C'est bien l'un des rares poètes que je peux lire sans me fatiguer à essayer de reconstituer les phrases dans le bon ordre pour me concentrer sur le sens derrière le sens des mots. Bon, après, le symbolisme est l'un de mes courants de littérature favori dans la fin du XIX° et début XX° avec le futurisme et le surréalisme donc forcément que je vais aimer un recueil symbolique !


Je ne vais pas vous parler beaucoup plus longtemps de Baudelaire, la journée a été longue et j’ai vraiment du mal à parler de poésie, c’est vraiment un genre de la littérature que je ne maîtrise pas du tout alors je ne vais pas dire de bêtises plus grosses que d’habitude en me lançant dans des interprétations des messages des Fleurs du mal.


Sachez juste que mes poèmes préférés sont dans le désordre Élévation, Don Juan aux enfers, La Beauté, Spleen (Quand le ciel bas et lourd…), Le Fantôme et La Chevelure. Ça doit bien être les seuls que je relis de temps en temps quand j’ai un coup de spleen.


Pour conclure :

DE PROFUNDIS CLAMAVI

J'implore ta pitié. Toi, l'unique que j'aime,

Du fond du gouffre obscur où mon cœur est tombé.

C'est un univers morne à l'horizon plombé,

Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème ;


Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois,

Et les six autres mois la nuit couvre la terre ;

C'est un pays plus nu que la terre polaire ;

Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois !


Or il n'est d'horreur au monde qui surpasse

La froide cruauté de ce soleil de glace

Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos ;


Je jalouse le sort des plus vils animaux

Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide,

Tant l'écheveau du temps lentement se dévide !

(J’ai oublié celui-là aussi !)

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