• Elinwë

Calendrier de l'Avent 2020 jour 8

Vous ai-je dis que j’aimais la fantasy ? Sans doute, mais dans le doute, je vais vous le redire : j’aime la fantasy. Encore plus quand c’est une femme qui en écrit (bah quoi ? y a pas que Tolkien dans la vie !).

Aujourd’hui, je vous emmène dans un royaume où ce sont les femmes qui gouvernent sous peine de calamités en tout genre et où les espions sont rois.


Lynn Flewelling


Ce qui est bien avec cette autrice, c’est que ses deux sagas tournant autour du royaume de Skala sont traduites en français. Ce qui est moins bien, c’est que la trilogie Le Royaume de Tobin a été divisée en six tomes pour la traduction française originelle avant d’être ramenée à son format d’origine pour l’intégrale J’ai lu qu’il me faut absolument mais que je n’arrive pas à trouver. Oui, c’était clairement se faire de l’argent sur le dos des lecteurs à ce train-là mais je peux pardonner l’éditeur vu que c’est trop bien comme série. Bon, j’attends encore la traduction de Glimpses pour avoir le cycle complet et la traduction de ses autres livres mais le principal est en français, c’est déjà pas mal, non ?


Alors de quoi donc que ça cause ? Je vous fais un résumé chronologique sans trop de divulgâchis (je n’arrive pas à me faire à ce mot, sérieux, ne m’en voulez pas si je réutilise le mot spoil pour ça) :

Skala est un royaume qui se bat aux côtés de Mycéna lors de nombreux conflits contre Plénimar, un pays au sol très pauvre qui cherche à envahir les deux autres pour leurs terres fertiles et leurs richesses. Un roi qui fait face à une nouvelle guerre s’en va voir un oracle qui lui annonce que tant que les femmes règneront sur Skala, son royaume sera plus ou moins protégé. Ni une ni deux, il se rend sur le champ de bataille où combat sa fille et la fait reine. Skala est sauvée et prospère de nombreux siècles malgré quelques tentatives de la part des hommes proches du trône (qui peut leur en vouloir ?) de reprendre le pouvoir (on le sent, ça rate un tout petit peu à chaque fois).

Nous arrivons donc à l’ère d’Erius, le roi de Skala qui est arrivé au pouvoir en écartant sa sœur qu’il enferme loin de la cour pour qu’elle vive sa vie sans le déranger. Elle se marie et ce qui devait arriver arriva : patatras, une grossesse ! Ouf pour le roi qui sentait venir la douille et son renversement au profit d’une hypothétique nièce : sa sœur a accouché de jumeaux mais la fille est mort-née tandis que le garçon survit, l’honneur est sauf, il peut régner tranquille encore quelques années.

Le garçon, Tobin, grandit vite dans un château à l’écart avec son père souvent absent, son maître d’armes amoureux de son seigneur, et son ami, Ki. Puis vient le jour où son père est ramené mort au château, Tobin et Ki doivent se rendre à la capitale pour vivre à la cour aux côtés du cousin de ce dernier qui l’initie à la vie de cour et de service. C’est là où Tobin se rend compte de son homosexualité et de son amour pour Ki (relax, le gamin a douze ans et comprend à peine ce qui se passe dans sa vie !).

Sauf qu’il s’est produit des évènements par le passé qui tendent à l’interroger sur son genre véritable. Et patatras à nouveau ! Le maître d’armes qui veillait sur lui aidé par un sorcier qui éduquait les enfants sur les arts magiques se ramène pour lui dire que c’est en réalité une fille et que la jumelle morte la nuit de sa naissance est en réalité son jumeau et que la magie a interverti leurs corps pour sauver Skala du désastre et accessoirement la protéger de son oncle qui a fait assassiner son beau-frère et sa sœur. Elans des cœurs contrariés par les évènement, membres d'une même famille qui se tournent le dos et vont au conflit armé, invasion, magie, prophéties et petites trahisons entre amis sont au rendez-vous avec des réflexions sur la manière dont les sentiments peuvent évoluer avec le temps et les évènements. Vous avez tout compris ? Parfait ! je vous laisse lire tout ce qui survient dans la vie de Tobin et de Ki dans Le Royaume de Tobin pour passer à l’histoire de la série Nightrunner.


Des siècles plus tard, Alec est un jeune homme de seize ans emprisonné pour avoir braconné sur les terres d’un seigneur qui vend ses prisonniers aux Plénimariens. Heureusement, Alec est sauvé par un homme mystérieux juste à temps pour éviter ce sort. Pour le remercier de lui avoir sauvé la peau des fesses (les tortures font partie du menu de la prison, vous comprenez) et la vie, il accepte de mener l’homme jusqu’à la ville la plus proche. En chemin, il découvre vite que Seregil est en fait un espion envoyé par Skala pour découvrir ce que fait un duc Plénimarien en pleine Mycéna, un pays censé être allié à Skala. Ensemble, ils s’introduisent dans la chambre du duc et volent un petit disque de bois qui n’a pas l’air d’avoir d’importance.

Vous l’avez senti la douille ? Vous avez bien fait. Seregil commence à avoir des hallucinations et son comportement change du tout au tout. Alec refuse pour autant de l’abandonner malgré une bagarre qui lui fait très peur (à l’aubergiste aussi, vous me direz) et le ramène vers Skala sur ses indications.

Là-bas, Seregil est sauvé par son ancien mentor magicien, Nysander, et son nouvel apprenti, Thero, et peut raconter ce qu’il sait de la situation. Alec est introduit dans le groupe des Veilleurs, des hommes et des femmes qui sont sous les ordres de Nysander et de la reine et qui surveillent aussi bien les affaires internes qu’externes de Skala et découvre la double vie de Seregil. Noble déluré de jour, espion de nuit travaillant pour toute la noblesse pour recueillir toutes les informations possibles.

Une relation de confiance s’établit entre les deux hommes, Seregil formant Alec à tous les arts nécessaires au métier d’espion et le jeune homme se plonge à corps perdu dans les complots. Et il commence fort avec la poursuite de l’enquête sur le duc Plénimarien qui semble se livrer à des cérémonies rituelles impies (avec sacrifices, magie noire et tout le tralala) un peu partout sur le continent et sur un possible complot interne pour renverser la reine. Ceci est le résumé du début du premier tome, Les Maîtres de l’ombre, je ne vais pas vous raconter la suite et vous résumer les six autres vu qu’ils sont tous liés et que je n’ai pas envie de vous gâcher la découverte.


Alors, ce que j’adore avec cette autrice ? Déjà, les femmes au pouvoir. Tamir (ex-Tobin), est une reine exemplaire qui fait ce qu’il faut pour son peuple même si elle sait qu’elle va devoir passer par des chemins très compliqués (guerres, alliances avec un peuple qui n’a rien à voir avec le sien et j’en passe) pour y parvenir. Sa personnalité est marquée par les décès de son entourage et par les secrets qu’elle est forcée à garder pour protéger les autres et c’est franchement une reine super badass (la scène de la révélation de sa véritable identité est gravée pour un très long moment dans ma mémoire). Ses successeuses sont tout aussi marquantes avec toujours la même envie de protéger leur peuple et ce, à n’importe quel prix.

Ensuite, la liberté sexuelle qui règne sur Skala : il y a des bordels très encadrés où tout le monde est accepté, Alec et Seregil sont des personnages bisexuels et l’homosexualité est totalement normalisée (ça devrait l’être en France mais je crois qu’on a encore du chemin à faire pour arriver simplement à une acceptation). Genre, je crois que c’est la première œuvre littéraire que je lis où il y avait des personnages autres qu’hétéros. Et je suis sûre que c’est la première fois que je découvrais un personnage transgenre avec Tamir.

J’ai tellement été formatée par les livres qu’on nous force à lire à l’école et ceux de ma mère qui est très loin de toutes ces préoccupations qu’il a fallu que j’ouvre un livre de fantasy pour enfin découvrir la transidentité dans la littérature. Dingue, hein ? Pas tellement quand on voit la liste d’auteurs (on oublie les femmes, bien sûr) blancs et hétéronormés qu’on nous force à lire alors qu’il y a tellement d’auteurs qui pourraient apporter plus aux élèves que Madame Bovary ou Guerre et Paix ! Depuis, je suis à la recherche d’autres livres dans le genre qui invite à la découverte de personnages qui ne sont pas dans les normes de la littérature européenne centrée sur des histoires 100 % hétéros mais difficile de ne pas tomber dans des romances gays ou lesbiennes écrites par des hétéros avec beaucoup trop de sexe à mon goût (je ne suis pas une femme très prude, mais ce n’est pas pour autant que j’ai envie de me lancer dans la lecture de pornos).


Mais bref, Lynn Flewelling, c’est génial aussi pour son style et les histoires qu’elle raconte. Tout est palpitant et même quand il ne se passe rien, on apprend plein de choses sur l’histoire de Skala et de ses guerres. Il y a aussi beaucoup d’humour et de tendresse entre les personnages et on voit les liens se tisser sous nos yeux, ils ne nous sont pas jetés à la tronche comme pour certaines sagas (HP, je te juge très fort pour Ron, Hermione, Harry et Ginny). La relation entre Seregil et Alec évolue de l’amitié à l’amour le plus naturellement du monde et c’est juste génial. J’ai déjà dit que c’était génial ? Oupsy !

Mais est-ce que je vous ai dit que c’était sans doute une de mes autrices favorites et qu’elle n’est pas très loin de détrôner Tolkien ? Je ne crois pas. Maintenant vous le savez alors je vous invite à découvrir pourquoi en lisant ses livres !


Pour conclure :

« - J'ai un grand-papa ? Je ferai sa connaissance un jour ?

- Non, mon chéri, ta grand-maman l'a empoisonné voilà bien des années. » (Y a pas à dire, y a une sacrée ambiance dans la famille royale !)


« Le sens de l’humour est un trait inestimable pour ceux qui aspirent à n’importe quelle forme de pouvoir. »

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