• Elinwë

Calendrier de l'Avent 2020 jour 6

Catherine Fisher


Qui dit grenier, dit cartons, pas vrai ? Surtout quand on prépare le déménagement de ses parents et qu’on redécouvre les livres de jeunesse et d’adolescence. Du coup, aujourd’hui je vous ressors une autrice qui me semble assez peu connue en France vu la manière dont j’ai galéré pour trouver d’occase (il n’y a plus aucun exemplaire neuf) le dernier tome de la trilogie qui me la fait connaître à l’époque et que j’avais lu en bibliothèque contrairement aux deux autres que j’avais achetés.

Pourtant, je trouve que Catherine Fisher gagne à être connue avec ses romans young adult très fouillés et assez originaux dans leurs thèmes. Ici, je vais plus parler de la trilogie L’Archonte qu’Incarceron dont je me souviens très peu vu que je n’ai pas relu les deux tomes comme la trilogie puisque je les avais empruntés et non achetés (et va les acheter maintenant !).


Si vous aimez les histoires qui se passent dans des civilisations proches de Babylone, d’Égypte ou d’Athènes, vous devriez apprécier L’Oracle. On y suit les aventures de Mirany, la jeune Porteuse du Dieu qui vient de donner le scorpion mortel à l’archonte, l’homme qui porte en lui la divinité que tous adorent mais qui a été poussé au sacrifice par les élites de la ville. Tous sont persuadés que ce sacrifice ramènera la pluie sur la ville qui ne connaît que la sècheresse depuis des mois. Avant de mourir, le vieil homme charge Mirany de retrouver sa prochaine incarnation, celle qui sera choisi par le Temple qu’elle sert sera une simple marionnette dans les mains des puissants.

Pas simple lorsqu’on est une petite souris qui s’attend à mourir d’un jour à l’autre au service de son dieu. J’oublie de préciser que le dieu qu’elle porte prend très souvent la forme de bestioles venimeuses mortelles et qu’un accident est vite arrivé. Mais c’est parti pour l’aventure et il s’en passe des choses et des rencontres !

Un truc cool avec cette trilogie, c’est que si les thèmes abordés sont assez convenus (recherche d’une divinité, affirmation de soi, troubles à l’ordre public en déjouant des complots et j’en passe), on évite des histoires d’amour inutiles et barbantes. Non parce qu’il n’y a rien de plus insupportable qu’une histoire passionnante qui s’arrête brusquement par des réflexions du genre « est-ce qu’il m’aime ? » alors que ce n’est clairement pas le but de l’histoire à l’origine et que c’est très mal amené. L’amourette entre Mirany et Seth est mignonne, elle prend très peu de place et surtout n’est pas trop gnangnante de ce que je m’en rappelle.

Les personnages sont assez convenus aussi, on tombe très vite dans les archétypes de la littérature young adult pour la plupart mais on a aussi de bonnes surprises avec Oblek, le musicien ivrogne, Alexos, la réincarnation du dieu qui est bien flippant de temps en temps quand on sait qu’il n’a que dix ans, ou Kreon, l’ombre du dieu qui règne sur le dédale souterrain de l’administration de la ville. Dans le genre archétypal, j’ai beaucoup aimé le Chacal avec son histoire à la darksasuke (sans aucun jugement de valeur, j’appelle les personnages avec un passé mystérieux comme ça depuis un moment, même quand je les aime beaucoup plus que le Sasuke original).


De son côté, Incarceron nous plonge dans une société futuriste coupée en deux. D’un côté, on a une prison dirigée par une intelligence artificielle appelée Incarceron qui surveille tout le monde via des caméras et qui punit de mort tous ceux qui enfreignent ses lois. De l’autre, on a le Royaume, la partie libre du monde qui est restée bloquée au XVII° siècle sur l’ordre de son roi qui a aboli le temps. Finn est un prisonnier qui cherche à s’échapper à tout prix ; Claudia est de l’autre côté, vivant sa petite vie parfaite jusqu’au grain de sable qui va la faire changer de voie.

Je ne me souviens plus exactement des tenants et aboutissants de cette duologie (pour le moment) mais je me rappelle bien d’avoir été marquée par la scène d’ouverture qui m’a vite fait déchanter sur le personnage de Finn. Je pense que je n’étais pas prête à l’époque pour lire une dystopie futuriste (je suis passée totalement à côté du délire Hunger Games, Divergente et autres Labyrinthe, que ça soit en livres ou au ciné, je n’ai jamais pu aller au-delà des premiers films à chaque fois), c’est pour ça que ça ne m’avait pas plu à l’époque. L’ambivalence des personnages ne m’avait pas aidée à rentrer dedans non plus, je lisais surtout des livres où les caractères sont ou tout blanc ou tout noir alors ce n’était pas ce qui m’attirait. Il faudrait que je les achète pour les relire maintenant et voir si mon opinion n’a pas changé là-dessus ou si c’est toujours aussi difficile pour moi de me plonger dans le genre de la dystopie.


Je sais qu’il y a aussi une autre de ses trilogies qui a été traduite en France, Les Voyageurs des Neiges, mais je ne l’ai jamais trouvée, ni en bibliothèque, ni en magasin et je crois qu’il n’y a pas le troisième tome de traduit de ce que j’ai vu, ce qui est un peu bébête quand on y pense.


Si vous trouvez un Catherine Fisher, franchement, n’hésitez pas à le prendre, c’est censé être pour les enfants en France mais je pense plutôt qu’on apprécie mieux ce qu’elle écrit avec un peu plus d’expérience dans la vie. J’avais lu L’Archonte au lycée et avant, c’est sans doute un peu tôt avec les livres qui font tous plus de quatre cents pages et qui peuvent faire peur avec leur taille (même si c’est écrit assez gros).


Pour conclure :

« Le problème, quand on est un dieu, c’est que les gens attendent de vous quelque chose de grand, de puissant. Ainsi qu’un résultat immédiat. » (Je veux être riche ! Ah bah non, ça marche pas, c’est nul !)

« Il faut faire exploser cette forteresse de briques que nous avons construite. Il faut fuir cette roue que nous tournons sans cesse comme des rats. Nous libérer, voilà ce à quoi j'ai voué mon existence. Si je dois y perdre la vie, cela m'est égal, parce que même ma mort sera une sorte de libération. »

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